Nutrition des patients en oncologie thoracique
Les moyens de prise en charge

Conseils hygiéno‐diététiques

A proposer dans toutes les situations, particulièrement en cours de chimiothérapie :

  • Fractionner l’alimentation : de petites portions plus souvent.
  • Manger ce qui fait plaisir, soigner l’environnement du repas.
  • Supprimer les régimes restrictifs.
  • Bannir les produits « light » ou « allégés ».
  • Réévaluer l’intérêt de l’ensemble des médicaments prescrits au patient.
  • Enrichir l’alimentation :
    • En protéines : ajout de lait en poudre, œufs ou fromage dans les préparations.
    • En calories : laitages à 30 et 40%, beurre, crème (peu satiétogènes), aliments cuisinés en gratins, soufflés… collations énergétiques prêtes à l’emploi, boissons caloriques.
    • Possibilité de rajouter 2 g par jour d’acides gras oméga-3.

Compléments nutritionnels oraux

Lorsque l’alimentation orale seule est insuffisante pour couvrir les apports nécessaires, proposer des produits hypercaloriques ou hyperprotidiques.

Aspect légal (Arrêté du 02/12/2009) : remboursement sur prescription médicale pour tous les patients dénutris.


Nutrition entérale

Indication privilégiée : tant que le tube digestif est fonctionnel.

Quand la débuter ? (120)

  • En cas de dénutrition avérée (cf. définition).
  • De façon anticipée si l’on s’attend :
    • à ce que les patients ne soient pas capables de manger pendant plus de 7 jours,
    • à des apports alimentaires inadéquats (< 60% des apports recommandés) pendant plus de 10 jours,
    • ET lorsque l’espérance de vie attendue est supérieure à 3 mois et le score de Karnofski à 50 (correspondant à un PS3). Dans le cas contraire, les risques d’une nutrition artificielle sont supérieurs aux bénéfices.

Voies d’abord :

  • Sonde naso-gastrique (contrôle radiologique systématique, durée maximum théorique de 3 semaines bien qu’il soit possible d’aller au delà). Risques d’ulcérations nasales ou œsophagiennes.
  • Gastrostomie percutanée.
  • Jéjunostomie chirurgicale si la gastrostomie est impossible

Modalités d’administration :

  • Débit : commencer lentement (au moyen d’une pompe pour contrôler le débit) puis accélérer en fonction de la tolérance digestive.
  • Position du patient demi-assise ou assise (éviter la position allongée qui favorise les reflux), minimum 1 heure/poche.

Effets indésirables : 

  • Pneumopathie d’inhalation, régurgitations, nausées, vomissements.
  • Diarrhées, constipation, douleurs abdominales.
  • Obstruction ou arrachement de la sonde.
  • Syndrome de renutrition inappropriée.

Surveillance : une réévaluation 15 jours après l’initiation est recommandée.

  • Poids.
  • Transit.
  • Aspect de l’accès digestif.

Aspect réglementaire (Arrêté du 19/02/2010) : conditions de prise en charge :

  • Perte pondérale > 5%.
  • Prescription émanant d’un praticien hospitalier avec évaluation régulière par le service prescripteur.
  • Une prise en charge par un prestataire ou en hospitalisation à domicile est recommandée.

Nutrition parentérale

Que dans des situations exceptionnelles avec contre‐indication de l’alimentation entérale.

 

Référence

120. Baldwin C, Spiro A, McGough C, Norman AR, Gillbanks A, Thomas K, et al. Simple nutritional intervention in patients with advanced cancers of the gastrointestinal tract, non‐small cell lung cancers or mesothelioma and weight loss receiving chemotherapy: a randomised controlled trial. J Hum Nutr Diet. 2011 Oct;24(5):431–40.