Indications
Obstruction des voies aériennes proximales

Une bronchoscopie souple préalable reste indispensable, même rapide chez un patient très dyspnéique, afin d’évaluer précisément les caractéristiques de l’obstruction (localisation, bourgeon endoluminal ou compression extrinsèque…) mais aussi dans le but d’éliminer une paralysie bilatérale des cordes vocales responsable au moins en partie de la symptomatologie et nécessitant une prise en charge ORL de première intention (cordectomie). Un scanner thoracique, avec reconstructions 3D si possible, permet d’évaluer la viabilité de l’arbre bronchique et du parenchyme pulmonaire d’aval et d’aider au choix de la prothèse (211).


Par une tumeur maligne endoluminale bourgeonnante

Pourquoi traiter ?

Il est recommandé de traiter une obstruction proximale par une tumeur bourgeonnante afin de diminuer la dyspnée, de lever une atélectasie, de diminuer le risque d’hémoptysie et d’infection sous-sténotique (212).

La désobstruction bronchique avant tout traitement anti-cancéreux permet d’améliorer l’état respiratoire et général du patient et donc sa tolérance aux traitements. La survie est améliorée si la désobstruction est réalisée précocement (213). L’adjonction d’un traitement complémentaire paraît également améliorer la survie (213,214).

La désobstruction bronchique ramène le pronostic de la maladie à celui d’un stade équivalent sans obstruction centrale. Trois études confirment l’amélioration de la dyspnée, de la capacité à l’exercice, du VEMS, de la CV forcée, et de la qualité de vie après une bronchoscopie interventionnelle pour obstruction maligne (215–217). Dans SPOC, on note une amélioration de la qualité de vie dans les 2 bras (stent/pas de stent) avec un effet prolongé dans le bras stent (218).

Dans une autre étude les facteurs associés à une amélioration de la dyspnée et de la qualité de vie chez les patients présentant un cancer avec obstruction des voies aériennes centrales étaient, entre autres : les patients naif de traitement, un délai court entre le diagnostic oncologique et la désobstruction, une meilleure fonction respiratoire et le fait de recevoir une chimiothérapie après la desobstruction (219).

En cas de détresse respiratoire aiguë, ces effets sont suffisamment bénéfiques et immédiats pour justifier un transfert en réanimation et l’intubation du patient dans l’attente du geste endoscopique (220,221), après évaluation du rapport bénéfice risque.

Une bronchoscopie rigide thérapeutique peut également être intéressante dans les CBNPC localisés (stades IIIb) associés à une obstruction centrale. Dans cette cohorte rétrospective multicentrique, les patients ayant eu une desobstruction endobronchique avait une meilleure survie à 1 an (HR 2,1 IC95% : 1,1 ; 4,8, p = 0,003). Il existait également une différence favorable en terme d’hospitalisations (p=0,03), intervalle sans symptomes (p=0,02) et de survenue d’une atélectasie (P=0,01) (222).

Quand traiter/Qui traiter ?

Les critères objectifs que les auteurs de ce document retiennent pour poser l’indication d’une désobstruction bronchique sont (181,182,185,188) :

  • CBNPC proximal accessible au bronchoscope rigide : trachée, carène, bronches souches, tronc intermédiaire
  • Obstruction > 50% ou très symptomatique
  • Voies aériennes et poumon fonctionnels et sains au-delà de l’obstruction
  • PS ≤ 2 en dehors de l’altération de l’état général directement liée à l’obstruction

 

Quels moyens thérapeutiques ?

En bronchoscopie rigide sous anesthésie générale, plus rapide et plus sûre (possibilité d’hémostase et d’aspiration « haut débit ») que l’endoscopie souple : résection mécanique seule ou associée au laser Nd/YAG ou à la thermocoagulation. Dans cette indication, la thermocoagulation paraît aussi sûre et efficace que le laser pour un coût inférieur (224).

La cryothérapie et la photothérapie dynamique sont également efficaces mais ne sont pas adaptées à la désobstruction bronchique en raison de leur action retardée. Elles peuvent cependant être utilisées en l’absence d’obstruction critique (6,212,225).


Par une compression tumorale extrinsèque

La pose d’une prothèse endobronchique est indiquée si le calibre trachéal ou bronchique est réduit de 50% ou plus (195,235). Elle permet de diminuer la dyspnée (236) et d’améliorer les valeurs spirométriques (237). Mise en place quand le Performance Status est < 4, elle pourrait améliorer significativement la survie (238).

Dans cette indication, seules les prothèses en silicone ou les prothèses métalliques couvertes sont recommandées. Si une radiothérapie externe est envisagée, il faut privilégier, dans la mesure du possible, la pose d’une prothèse en silicone.

 

Voir le référentiel

 

Références

6. Du Rand IA, Barber PV, Goldring J, Lewis RA, Mandal S, Munavvar M, et al. British Thoracic Society guideline for advanced diagnostic and therapeutic flexible bronchoscopy in adults. Thorax. nov 2011;66 Suppl 3:iii1-21.

181. Bolliger CT, Mathur PN, Beamis JF, Becker HD, Cavaliere S, Colt H, et al. ERS/ATS statement on interventional pulmonology. European Respiratory Society/American Thoracic Society. Eur Respir J. févr 2002;19(2):356‑73.

182. Ernst A, Silvestri GA, Johnstone D, American College of Chest Physicians. Interventional pulmonary procedures: Guidelines from the American College of Chest Physicians. Chest. mai 2003;123(5):1693‑717.

185. Guibert N, Mazieres J, Marquette CH, Rouviere D, Didier A, Hermant C. Integration of interventional bronchoscopy in the management of lung cancer. Eur Respir Rev Off J Eur Respir Soc. sept 2015;24(137):378‑91.

211. Asimakopoulos G, Beeson J, Evans J, Maiwand MO. Cryosurgery for malignant endobronchial tumors: analysis of outcome. Chest. juin 2005;127(6):2007‑14.

212. Simoff MJ, Lally B, Slade MG, Goldberg WG, Lee P, Michaud GC, et al. Symptom management in patients with lung cancer: Diagnosis and management of lung cancer, 3rd ed: American College of Chest Physicians evidence-based clinical practice guidelines. Chest. mai 2013;143(5 Suppl):e455S-97S.

213. Jeon K, Kim H, Yu CM, Koh WJ, Suh GY, Chung MP, et al. Rigid bronchoscopic intervention in patients with respiratory failure caused by malignant central airway obstruction. J Thorac Oncol Off Publ Int Assoc Study Lung Cancer. mai 2006;1(4):319‑23.

214. Han CC, Prasetyo D, Wright GM. Endobronchial palliation using Nd:YAG laser is associated with improved survival when combined with multimodal adjuvant treatments. J Thorac Oncol Off Publ Int Assoc Study Lung Cancer. janv 2007;2(1):59‑64.

215. Oviatt PL, Stather DR, Michaud G, Maceachern P, Tremblay A. Exercise capacity, lung function, and quality of life after interventional bronchoscopy. J Thorac Oncol Off Publ Int Assoc Study Lung Cancer. janv 2011;6(1):38‑42.

216. Ost DE, Ernst A, Grosu HB, Lei X, Diaz-Mendoza J, Slade M, et al. Therapeutic bronchoscopy for malignant central airway obstruction: success rates and impact on dyspnea and quality of life. Chest. mai 2015;147(5):1282‑98.

217. Zaric B, Kovacevic T, Stojsic V, Sarcev T, Kocic M, Urosevic M, et al. Neodymium yttrium-aluminium-garnet laser resection significantly improves quality of life in patients with malignant central airway obstruction due to lung cancer. Eur J Cancer Care (Engl). juill 2015;24(4):560‑6.

218. Dutau H, Di Palma F, Thibout Y, Febvre M, Cellerin L, Naudin F, et al. Impact of Silicone Stent Placement in Symptomatic Airway Obstruction due to Non-Small Cell Lung Cancer – A French Multicenter Randomized Controlled Study: The SPOC Trial. Respiration. 2020;99(4):344‑52.

219. Ong P, Grosu HB, Debiane L, Casal RF, Eapen GA, Jimenez CA, et al. Long-term quality-adjusted survival following therapeutic bronchoscopy for malignant central airway obstruction. Thorax. 25 sept 2018;thoraxjnl-2018-211521.

220. Murgu S, Langer S, Colt H. Bronchoscopic intervention obviates the need for continued mechanical ventilation in patients with airway obstruction and respiratory failure from inoperable non-small-cell lung cancer. Respir Int Rev Thorac Dis. 2012;84(1):55‑61.

221. Boyd M, Rubio E. The utility of interventional pulmonary procedures in liberating patients with malignancy-associated central airway obstruction from mechanical ventilation. Lung. oct 2012;190(5):471‑6.

222. Marchioni A, Andrisani D, Tonelli R, Piro R, Andreani A, Cappiello GF, et al. Integrated intErventional bronchoscopy in the treatment of locally adVanced non-small lung cancER with central Malignant airway Obstructions: a multicentric REtrospective study (EVERMORE). Lung Cancer. oct 2020;148:40‑7.

223. Guibert N, Mazieres J, Lepage B, Plat G, Didier A, Hermant C. Prognostic factors associated with interventional bronchoscopy in lung cancer. Ann Thorac Surg. janv 2014;97(1):253‑9.

224. Wahidi MM, Unroe MA, Adlakha N, Beyea M, Shofer SL. The use of electrocautery as the primary ablation modality for malignant and benign airway obstruction. J Thorac Oncol Off Publ Int Assoc Study Lung Cancer. sept 2011;6(9):1516‑20.

225. Simone CB, Friedberg JS, Glatstein E, Stevenson JP, Sterman DH, Hahn SM, et al. Photodynamic therapy for the treatment of non-small cell lung cancer. J Thorac Dis. févr 2012;4(1):63‑75.